« Meinen, meinem ou meine ? » – pourquoi le possessif allemand porte un habit que vous connaissez déjà

Trois vestes au crochet, chacune avec son étiquette, une main en attrape une – possessifs allemands datif ou accusatif : meinen, deinem, seiner.

Possessifs allemands datif ou accusatif – trois phrases d’un samedi ordinaire :
Ich suche meinen Schlüssel, und er ist natürlich wieder in der Jacke. (Je cherche ma clé, et bien sûr, elle est encore dans la veste.)
Wir helfen unserer Oma mit dem Handy, sie hilft uns mit Kuchen. (Nous aidons notre mamie avec le portable, elle nous aide avec du gâteau.)
Kommst du am Samstag mit deinem Bruder? Er lacht immer so schön. (Tu viens samedi avec ton frère ? Il a toujours un si beau rire.)

Trois possessifs, trois terminaisons différentes. En français, ma, notre, ton ne bougent pas d’un pouce. Et si vous vous dites : -en, -er, -em – j’ai déjà vu ça quelque part, vous avez raison. Vous l’avez vu avec ein.

En bref : mein, dein, sein, ihr, unser, euer, Ihr prennent exactement les mêmes terminaisons que ein et kein. À l’accusatif, seule la forme masculine change (meinen), comme pour l’accusatif en général. Au datif viennent les trois terminaisons connues : -em pour le masculin et le neutre (meinem Bruder, meinem Kind), -er pour le féminin (meiner Oma), -en pour le pluriel (meinen Eltern). Quel cas ? C’est le verbe ou la préposition qui le dit, comme toujours – suchen veut l’accusatif, helfen le datif, mit le datif.

Possessifs allemands datif ou accusatif : le même habit que « ein »

Un possessif est un article. Il se tient là où ein ou der se tiendrait, et il se comporte comme ein – à ceci près qu’il dit, en passant, à qui la chose appartient. C’est toute la découverte : qui sait dire einen, einem, einer sait dire meinen, meinem, meiner.

masculin féminin neutre pluriel
Nominatif mein Schlüssel meine Katze mein Auto meine Eltern
Accusatif (wen ?) meinen Schlüssel meine Katze mein Auto meine Eltern
Datif (wem ?) meinem Bruder meiner Oma meinem Kind meinen Eltern

Deux choses sautent aux yeux. D’abord : à l’accusatif, seul le masculin change, mein → meinen – la règle que vous connaissez de l’accusatif allemand. Ensuite : le datif a trois terminaisons, et le -en du pluriel est la seule qu’on confond facilement avec l’accusatif : meinen Schlüssel (accusatif, un masculin) contre meinen Eltern (datif, pluriel). Le contexte tranche : Ich danke meinen Eltern – danken veut le datif.

La différence mécanique avec le français

En français, le possessif s’accorde avec la chose possédée en genre et en nombre – mon frère, ma sœur, mes parents – et c’est tout. L’allemand fait la même chose, puis ajoute une dimension : la fonction dans la phrase. Mein Bruder (sujet), meinen Bruder (complément direct), meinem Bruder (complément indirect, ou après mit). Trois formes pour « mon frère ». La bonne nouvelle : ces trois formes ne sont pas nouvelles, ce sont celles de ein. Vous n’apprenez pas un tableau de plus – vous réutilisez le premier.

Quelle terminaison ? D’abord le cas, ensuite le mot

La terminaison dépend de deux questions, toujours dans cet ordre :

  1. Quel cas veut le verbe ou la préposition ? Suchen, brauchen, sehen, besuchen et für, ohne → accusatif. Helfen, danken, gehören, gefallen et mit, bei, zu, von, aus, nach → datif. C’est la même question que dans datif ou accusatif.
  2. Quel mot suit – masculin, féminin, neutre, pluriel ? Alors la terminaison sort du tableau.

Lisa sucht ihre Katze – suchen → accusatif, Katze → féminin → ihre (inchangé). Die Katze gehört unseren Kindern – gehören → datif, Kinder → pluriel → unseren. Deux questions, deux secondes.

Un mot sur euer : il perd son deuxième e dès qu’une terminaison arrive – eure Schuhe, euren Ball, eurer Küche. Unser, lui, garde le sien : unsere, unseren, unserer.

La formule à retenir

Mein benimmt sich wie ein: -en für den Mann im Akkusativ, -em, -er, -en im Dativ. Der Rest bleibt, wie er ist.
(Mein se comporte comme ein : -en pour le masculin à l’accusatif, -em, -er, -en au datif. Le reste ne bouge pas.)

C’est la carte pour le frigo. Possessifs allemands datif ou accusatif, ce n’est donc pas un nouveau tableau – c’est l’ancien, avec un propriétaire devant.

Des exemples de possessifs allemands datif ou accusatif qui restent

  • Ohne seine Brille findet Opa die Butter nicht, auch nicht auf dem Brot. (Sans ses lunettes, papi ne trouve pas le beurre – ohne → accusatif, féminin.)
  • Anna besucht ihren Bruder in Hamburg, er hat jetzt ein kleines Boot. (Anna rend visite à son frère – besuchen → accusatif, masculin.)
  • Kinder, ich sehe eure Schuhe nicht, nur ganz viele Socken. (Les enfants, je ne vois pas vos chaussures – sehen → accusatif, pluriel.)
  • Ich helfe meinem Kind bei Mathe, aber es rechnet schneller als ich. (J’aide mon enfant en maths – helfen → datif, neutre.)
  • Toms Bild gefällt seiner Mutter sehr, sie hängt es in die Küche. (Le dessin de Tom plaît à sa mère – gefallen → datif, féminin.)
  • Fährst du am Wochenende zu deinen Großeltern? (Tu vas chez tes grands-parents ? – zu → datif, pluriel.)
  • Aus eurer Küche riecht es jeden Sonntag nach Kuchen. (Ça sent le gâteau depuis votre cuisine – aus → datif, féminin.)

Exercices : possessifs allemands datif ou accusatif ?

  1. Paul braucht ___ Auto heute nicht, er nimmt lieber das Fahrrad. (sein)
  2. Ich danke ___ Eltern für das Fahrrad, es ist rot und schnell. (mein)
  3. Lena kommt gerade von ___ Freundin, die zwei reden immer sehr lange. (ihr)
  4. Sucht ihr ___ Ball? Er liegt schon wieder bei Frau Kunz im Garten. (euer)
  5. Frau Lang, gehört das Fahrrad ___ Sohn? Es steht seit Montag hier. (Ihr)

Solutions : 1. sein (brauchen → accusatif, Auto neutre – pas de terminaison) · 2. meinen (danken → datif, pluriel) · 3. ihrer (von → datif, féminin) · 4. euren (suchen → accusatif, masculin – et le deuxième e tombe) · 5. Ihrem (gehören → datif, masculin)

Deux portes qui restent ouvertes

La première : le génitif. Das Auto meines Bruders, die Katze unserer Nachbarin – le quatrième cas, qui vit à l’écrit et que l’oral remplace souvent par von. Lui aussi porte les terminaisons de ein.

La seconde : qui est le propriétaire, au juste ? Sein ou ihr – Anna besucht ihren Bruder, mais Tom besucht seinen Bruder. Le possessif choisit son radical d’après le propriétaire et sa terminaison d’après la chose. Deux questions à ne pas mélanger – un chapitre à part.

Pour aller plus loin : les pronoms personnels au datif et à l’accusatif et le genre en allemand. Et pour que ça reste : sur notre canal Telegram Quoi de neuf ? apprendre-allemand.com, une petite question chaque jour – une phrase, un trou, trois secondes.

Pour les francophones : un mot d’encouragement

Vous accordez déjà mon / ma / mes sans réfléchir. L’allemand vous demande un accord de plus, celui du cas – et il vous le fait payer avec une monnaie que vous avez déjà en poche : les terminaisons de ein. Apprenez le verbe avec son cas, regardez le genre du nom, et la terminaison tombe juste.

Rejoignez l’atelier

L’atelier a lieu chaque samedi à 9 h en ligne – gratuit, interactif, et avec exactement ce genre de questions. Pas de cours magistral : la règle n’arrive que lorsque les participants l’ont trouvée eux-mêmes.

À très bientôt – et osez parler allemand !

par Dieter Jeromin

Questions fréquentes sur les possessifs allemands

Pourquoi dit-on « meinen Schlüssel » mais « meinem Bruder » ?

Parce que c’est le verbe ou la préposition qui décide du cas : suchen veut l’accusatif, et au masculin l’accusatif donne meinen ; mit et helfen veulent le datif, et au masculin le datif donne meinem.

Comment distinguer « meinen Schlüssel » de « meinen Eltern » ?

La terminaison est la même, mais le premier est un accusatif masculin et le second un datif pluriel. C’est le contexte qui tranche : dans « Ich danke meinen Eltern », danken veut le datif.

Pourquoi « euer » devient-il « eure » ?

Euer perd son deuxième e dès qu’une terminaison arrive : eure Schuhe, euren Ball, eurer Küche. Unser, lui, garde le sien : unsere, unseren, unserer.

« Sein » ou « ihr » : comment choisir ?

Le radical se choisit d’après le propriétaire, la terminaison d’après la chose possédée : Anna besucht ihren Bruder, mais Tom besucht seinen Bruder. Deux questions à ne pas mélanger.

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