Pourquoi j’enseigne l’allemand autrement
Je m’appelle Dieter Jeromin.
Je suis allemand de naissance, francophone d’adoption, polyglotte par passion, psychologue par formation, et enseignant d’allemand par vocation tardive.
Pendant longtemps, je n’aurais jamais pensé que j’enseignerais un jour ma langue maternelle.
L’allemand, pour moi, n’était pas d’abord une matière scolaire. C’était la langue de mon enfance, de mes premières émotions, de mes premières pensées, de mes premières évidences. C’était la langue dans laquelle le monde avait commencé à prendre forme autour de moi.
Puis la vie m’a conduit ailleurs.
J’ai vécu une grande partie de mon existence dans d’autres langues. Le français est devenu une langue de pensée, d’écriture et de transmission. D’autres langues sont venues s’ajouter, une après l’autre, jusqu’à former en moi une sorte de paysage intérieur polyglotte. Aujourd’hui, j’ai appris, pratiqué ou exploré une dizaine de langues — parfois avec bonheur, parfois avec frustration, parfois avec émerveillement.
Et surtout : j’ai fait beaucoup d’erreurs.
J’ai essayé des méthodes qui promettaient des miracles.
J’ai mémorisé des listes de mots que j’oubliais presque aussitôt.
J’ai étudié des règles de grammaire qui semblaient parfaitement claires sur le papier, mais qui disparaissaient dès qu’il fallait parler.
J’ai connu cette sensation étrange : “Je comprends la règle… mais je n’arrive pas à l’utiliser.”
C’est précisément cette expérience qui m’a appris une chose essentielle : une langue ne s’apprend pas vraiment quand elle reste extérieure à nous. Elle commence à vivre quand elle devient une façon de sentir, de percevoir et de penser.
De la psychologie au langage
Avant d’enseigner l’allemand, j’ai été profondément passionné par la psychologie, la psychothérapie, la psychanalyse, la psychiatrie, la neurologie et les neurosciences.
Ce qui m’a toujours fasciné, dans tous ces domaines, c’est le rôle du langage.
Freud utilisait ce qu’on appelait la talking cure, la “cure par la parole”. En psychothérapie, une personne ne change pas seulement parce qu’on lui donne des explications. Elle change parce que certains mots, certaines phrases, certaines prises de conscience lui permettent soudain de voir autrement ce qu’elle vivait déjà.
La langue n’est donc pas seulement un outil de communication.
Elle est une manière d’organiser l’expérience.
Elle donne forme à nos souvenirs, à nos émotions, à nos relations, à notre rapport au monde.
C’est cette conviction qui est au cœur de ma manière d’enseigner l’allemand.
Je ne veux pas seulement vous expliquer des règles.
Je veux vous aider à entrer dans la logique vivante de l’allemand.
Pourquoi l’allemand paraît difficile — et pourquoi il peut devenir clair
Beaucoup de francophones arrivent à l’allemand avec une blessure ancienne.
Ils ont parfois appris cette langue à l’école comme une succession de déclinaisons, de tableaux, de règles, d’exceptions, de verbes à particule, de phrases interminables. Ils ont gardé l’impression que l’allemand était une langue dure, froide, compliquée, presque inaccessible.
Je comprends cette impression.
Mais je sais aussi qu’elle ne dit pas toute la vérité.
L’allemand n’est pas une langue chaotique.
L’allemand n’est pas une langue faite pour décourager.
L’allemand est une langue extrêmement logique, concrète, structurée, imagée — mais il faut apprendre à la regarder de l’intérieur.
Quand on comprend pourquoi un mot se construit ainsi, pourquoi une particule change la perspective, pourquoi une préposition modifie la distance émotionnelle, pourquoi l’ordre des mots guide l’attention, tout devient progressivement plus naturel.
Là où l’on voyait une difficulté, on découvre une architecture.
Là où l’on voyait une règle arbitraire, on découvre une intention.
Là où l’on voyait un obstacle, on découvre une façon allemande de penser.
Mon déclic
Mon aventure d’enseignant a réellement commencé en 2020.
À cette époque, j’étais moi-même plongé dans l’apprentissage du russe. Je redécouvrais de l’intérieur ce que signifie apprendre une langue exigeante à l’âge adulte : l’enthousiasme, les blocages, les fausses pistes, les moments de découragement, puis les petites victoires qui changent tout.
C’est alors qu’une occasion inattendue s’est présentée : enseigner l’allemand, ma langue maternelle, à des personnes russophones.
Au départ, je n’avais pas prévu cela. Mais très vite, j’ai compris que mon parcours m’avait préparé à cette rencontre.
Ma connaissance native de l’allemand était importante, bien sûr.
Ma formation universitaire en allemand et en lettres l’était aussi.
Mais ce qui faisait vraiment la différence venait d’ailleurs : de mes études en psychologie, en neurologie, en apprentissage, en mémoire, en motivation, en neurolinguistique — et de mon propre parcours d’apprenant polyglotte.
Je ne voyais pas seulement les fautes de mes élèves.
Je voyais les mécanismes derrière leurs fautes et derrière leurs difficultés.
Je comprenais pourquoi leur cerveau hésitait, généralisait, résistait ou mélangeait.
Et je pouvais leur proposer des chemins plus naturels, plus clairs, plus compatibles avec le fonctionnement réel de la mémoire et de l’attention.
À ma grande surprise, les progrès ont été rapides. Des élèves ont rapidement réussi leurs examens B2 et C1. Une communauté s’est formée. Un canal Telegram consacré à l’allemand a grandi jour après jour. Des vidéos, des explications, des exercices et des ateliers sont nés de cette dynamique.
Et peu à peu, une évidence s’est imposée : ce que j’avais découvert avec ces apprenants pouvait aussi aider les francophones.
Ce que je veux transmettre
Je n’enseigne pas l’allemand comme une matière froide.
Je l’enseigne comme une langue vivante, profondément humaine, pleine de nuances, de précision, d’humour, de rythme et d’images.
Mon but n’est pas de vous faire réciter des règles.
Mon but est de vous aider à sentir pourquoi une phrase allemande fonctionne.
Je veux vous montrer que :
- les déclinaisons ne sont pas là pour vous punir, mais pour montrer les relations entre les mots ;
- les prépositions ne sont pas seulement des mots à apprendre, mais des manières de voir l’espace, le lien, la distance ou l’implication ;
- les verbes à particule ne sont pas des monstres à mémoriser, mais des constructions souvent très imagées ;
- la grammaire allemande devient beaucoup plus simple quand on cesse de la subir de l’extérieur et qu’on commence à la comprendre de l’intérieur.
Mon approche est nourrie par la psychologie, les neurosciences, l’expérience clinique, l’apprentissage des langues, la littérature et la passion du langage.
Mais elle reste simple dans son intention : vous réconcilier avec l’allemand.
Pour qui ce blog existe
Ce blog existe pour vous si vous vous êtes déjà dit :
“Je suis nul en allemand.”
“Je n’y arriverai jamais.”
“J’ai appris pendant des années, mais je ne parle toujours pas.”
“Je comprends quand on m’explique, mais je bloque dès que je dois construire une phrase.”
“L’allemand m’attire, mais il me fait peur.”
Je connais ces phrases. Je les ai entendues souvent. Et je sais qu’elles ne sont pas une fatalité.
Très souvent, le problème ne vient pas de vous.
Il vient de la manière dont on vous a présenté la langue.
On vous a peut-être donné trop de règles avant de vous donner du sens.
Trop de tableaux avant de vous donner des images.
Trop d’exercices mécaniques avant de vous donner le plaisir de comprendre.
Or une langue s’apprend mieux quand elle devient claire, vivante, émotionnellement signifiante et compatible avec le fonctionnement naturel du cerveau.
Mon rêve
Mon rêve est simple : aider des francophones à découvrir que l’allemand peut devenir une langue proche, lumineuse et même joyeuse.
Je voudrais que vous puissiez un jour lire une phrase allemande et vous dire :
“Ah, je vois ce qu’elle fait.”
“Je comprends la logique.”
“Je sens la nuance.”
“Je n’ai plus seulement appris une règle : j’ai compris une manière de penser.”
Pour moi, apprendre une langue étrangère n’est pas seulement acquérir une compétence utile. C’est agrandir son monde intérieur.
Chaque langue nous donne une autre façon d’habiter la réalité.
Chaque langue ouvre des portes que nous ne savions même pas fermées.
Chaque langue nous permet de devenir un peu plus vaste.
L’allemand m’a donné mes premières racines.
Le français m’a donné une deuxième maison.
Les autres langues m’ont appris que l’identité humaine peut devenir plus riche, plus souple, plus profonde quand elle accepte de penser autrement.
C’est cet émerveillement que j’ai envie de partager avec vous.
Bienvenue sur apprendre-allemand.com.
Ici, nous n’allons pas seulement apprendre l’allemand.
Nous allons apprendre à l’entendre, à le comprendre, à l’apprivoiser — et peut-être même à l’aimer.
En 2021, j’ai lancé un canal sur Telegram, enrichi quotidiennement de questions sur la langue et la grammaire allemandes, qui a atteint près de 10.000 messages. Parallèlement, un blog en allemand dédié à l’explication des subtilités grammaticales de l’allemand et une chaîne YouTube en allemand a vu le jour, rencontrant un vif succès.
Fin 2023, plusieurs instituts Goethe ont fermé leurs portes supprimant 110 emplois, en France notamment à Bordeaux et à Lille, ainsi que le bureau de liaison de Strasbourg.
Face à l’intérêt persistant en France, j’ai également été encouragé à partager mon expérience et ma passion pour l’allemand sur Internet.
C’est ainsi qu’est né initialement ce blog « Apprendre Allemand ».
